Démocratie en sourdine : des décisions sans les citoyens

Publié le 5 novembre 2025 à 16:28

Certaines décisions apparaissent comme « tombées du ciel », et les citoyens ne comprennent même pas pourquoi elles sont prises. Un exemple concret du quotidien.

Eric. Novembre 2025

A Arnas (69), les habitants se crispent autour d’un changement, qui aurait pu apparaître comme anodin. Dans la journée du lundi 29 septembre, sur la route de Longsard, à quelques mètres de La Maison du Tabac, les agents communaux se sont appliqués à transformer une place de « stationnement minute » en une place interdite au stationnement. Les clients habituels du bureau de tabac mais aussi de la boulangerie ne pourront donc plus envisager une halte pour faire leurs emplettes.  Un coup de canif au soutien nécessaire à ces commerces de proximité, que tous les décideurs entendent préserver et à minima protéger.

Sécurité ou proximité, un choix difficile imposé par la loi

 

La commune d’Arnas n’est pas la seule concernée, puisqu’elle se doit de se conformer aux prescriptions légales.  En effet, la loi d’orientation des mobilités pose une règle simple : la suppression du « stationnement motorisé sur les 5 mètres en amont des passages pour piétons. » La loi du 24 décembre 2019 ne prête à aucune interprétation. Toutes les places de stationnement concernées devront être supprimées « sauf si cet emplacement est réservé aux cycles et cycles à pédalage assisté ou aux engins de déplacement personnel. » Le législateur imposait même une mise en conformité en posant une date limite : 31 décembre 2026. On peut comprendre les raisons, ayant conduit à une telle interdiction : garantir la sécurité des piétons en les rendant plus visibles des véhicules.

La réglementation, un coup de canif à la tranquillité au quotidien ?

D’un autre côté, on peut également comprendre l’incompréhension de certains face à un tel changement. « Encore un règlement à la c… » proclament certains, quand d’autres soulignent que cette place leur permettait, malgré leur handicap, de visiter ces commerces de proximité, dont la commune a tant besoin.  Un sujet de division entre les habitants, qui souligne à quel point, toute décision prise « en général » a des conséquences sur les habitants au quotidien.

« Art. L. 118-5-1.-Afin d'assurer la sécurité des cheminements des piétons en établissant une meilleure visibilité mutuelle entre ces derniers et les véhicules circulant sur la chaussée, aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée cinq mètres en amont des passages piétons, sauf si cet emplacement est réservé aux cycles et cycles à pédalage assisté ou aux engins de déplacement personnel.

« Les dispositions du présent article sont applicables lors de la réalisation de travaux d'aménagement, de réhabilitation et de réfection des chaussées. Les travaux de mise en conformité doivent avoir été réalisés au plus tard le 31 décembre 2026. »

Voilà donc un exemple concret de l’irritation et de la colère que peuvent ressentir certains citoyens au regard de l’application de directives venues d’en haut …

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