Avant l’apparition des premiers monastères, des ermites se sont illustrés tant en Orient qu’en Occident.
Même si les premiers siècles du christianisme furent caractérisés par le martyre du sang, seule voie vers la sainteté, le rassemblement de fidèles, s’engageant pour l’Evangile, est attesté, dès le II ème siècle en Orient. (Ainsi en est-il des Vierges consacrées).
Les Pères du désert à l’origine du monachisme
Néanmoins, il faudra attendre le IIIème siècle pour voir l’apparition de formes de vœux, qui restent privés et non perpétuels. Les premiers moines sont des ermites, que l’on rencontre dans les zones désertiques, et dont le nombre augmente considérablement dès la 2nde moitié du IVème siècle. L’un des plus célèbres de ces Pères du Désert reste Antoine d’Egypte (251-356), dont l’existence nous est connue grâce à Sa Vie, rédigée par Saint Athanase d’Alexandrie.
Saint Antoine influencera les Pères de l’Eglise, et notamment Pacome (292-346) -considéré comme le fondateur du cénobitisme avec la communauté qu’il fonde à Tabenissi – et Saint Augustin. Il apparaîtra, au Moyen Age, comme l’exemple du moine parfait.
Des ermites au cénobitisme, une évolution lente mais inéluctable
A la même période, seconde moitié du IVème siècle, Evagre le Pontique mène une réflexion sur la vie contemplative, première étape du développement de la littérature monastique et des apophtegmes.
Le monachisme en Orient se développe sous de multiples formes, qui ne seront, que plus tardivement, organisées et régentées. Ainsi, au Vème siècle, en Syrie, on répertorie 4 types d’ermites :
- Les ermites classiques,
- Les stationnaires : ils restent debout pendant des heures.
- Les Dendrites : ils vivent dans un arbre,
- Les Stylites : Ils vivent au sommet d’une colonne, à l’instar de Simeon l’Ancien (Mort en 459)
Les abbayes, une forme occidentale du monachisme
C’est de la rencontre entre ces moines d’Orient et les Pères de l’Eglise, que va se développer le monachisme occidental. Exilé à Trêves vers 336, Saint Athanase fit connaître la sainteté et l’exemplarité de Saint Antoine, et dès 340, Constance, la propre fille de l’Empereur Constantin, fonda à Rome une première communauté de contemplatives, près du tombeau de Saint Agnès. C’est au tours de Martin de Tours (315-397) de fonder le 1er monastère de Gaule à Ligugé en 361, avant celui de Marmoutier.
La société de l’époque découvre et se passionne pour cette forme religieuse naissante, et Saint Jérome (341-420) participe à cette frénésie en traduisant la bible en latin – c’est la naissance de la Vulgate - .
En fondant le monastère de Lérins, Saint Honorat (350-429) pousse encore un peu plus loin l’implication, en rédigeant les premières Règles destinées à ces religieux d’un nouveau temps. Saint Augustin (354-430) participera, lors du Concile d’Hippone, aux tentatives de regroupement des vierges consacrées, et devenu évêque, il mettra son talent au service du monachisme.
Voilà donc, en quelques mots, l’apparition de ce phénomène, qui allait façonner nos paysages et bouleverser le quotidien des hommes et des femmes de l’époque. La France des abbayes et des monastères allait alors connaître des siècles de développement.
Ajouter un commentaire
Commentaires