Le prieur, un personnage central dans les abbayes

Publié le 19 août 2026 à 08:12

L’organisation des abbayes reste distincte selon les ordres mais également selon les époques. Cependant, le prieur occupe généralement une place centrale.

A l’intérieur de l’Eglise, les priores sont les dignitaires, entourant l’évêque, les anciens des monastères et ceux ayant une responsabilité de chef. L’officier, juste après l’abbé, était d’abord désigné comme praepositus (prévôt), avec en second le decanus (doyen), qui veille à la discipline intérieure et remplace le prévôt en son absence.

Le prieur, un adjoint précieux dans l’abbaye

Au XIème siècle, le prévôt disparaît, et le second devient le prior, avec les fonctions héritées du prévôt à l’intérieur et à l’extérieur de l’abbaye. Le religieux, placé à la tête d’une communauté d’une abbaye, sera dénommé decanus, jusqu’à ce que le terme de prior s’impose. Le terme prioratus a, au commencement désigné la fonction, mais le sens de « prieuré » s’est peu à peu étendu (même si tardivement).

La règle de Saint Benoit désigne le second de l’abbaye comme prévôt, mais dès le Xème siècle le terme de prieur s’impose. Assistant et suppléant de l’abbé, le prieur peut également présider les repas au réfectoire (ordre cistercien), et dans certaines grandes abbayes, comme à CLUNY, il peut y avoir 2 prieurs : le grand prieur, désigné par l’abbé, et le prieur claustral, second du grand prieur.

Un personnage central dans l’histoire et l’essor du monachisme

Le prieur peut être aussi le supérieur d’une communauté, dépendant d’une abbaye, où il le représente de façon permanente (Ce monastère porte alors le nom de prieuré). D’autre part, certains ordres d’esprit érémitique n’ont jamais eu d’abbé, par souci d’humilité. Ainsi, une Chartreuse est dirigée par un prieur, et non par un abbé.

Dans le même esprit, les ordres mendiants n’ont jamais eu d’abbés, remplacés par des prieurs. (Ils sont alors des frères parmi les autres). Le couvent est dirigé par un prieur conventuel, et on trouve ensuite un prieur provincial à la tête de chaque province.

Avec le développement de la Commende, le rôle de prieur devint essentiel, puisque c’est lui qui assure la régularité de la vie monastique, dans la mesure où, l’abbé commendataire ne séjourne pas à l’abbaye. Dans les congrégations bénédictines réformées du XVème siècle (Sainte Justine de PADOUE,...) ou du XVIème (SAINT MAUR,...), les monastères ne disposent plus d’abbés, mais de prieurs élus pour une durée limitée.

La Règle de Saint Benoît le met en garde contre toute volonté d'usurper le pouvoir du supérieur.

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