Nous avons assisté à un superbe spectacle, bien davantage qu’un simple son et lumière. Cela m’interroge autant que cela m’émerveille.
Eric 12 Juillet 2026
Samedi 11 juillet, la date était cochée de longue date, puisque ma fille nous avait offert, à Noël dernier, deux entrées pour le spectacle « Le serment du vigneron ». Pour 9 représentations en juillet, le « plus grand son et lumière du Beaujolais » envahit le château de Nervers à Odenas.
Hommage au Beaujolais, une journée sous le signe d’un terroir
Je ne vais pas vous « divulgacher » quoi que ce soit, mais vous livrer un ressenti, une émotion. Pour commencer le spectacle en lui-même d’une durée de près de deux heures ne commence qu’à 22h15, alors que nos billets nous conviaient à arriver à partir de 16h00. A notre arrivée sur place, nous avons vite compris qu’il fallait bien quelques heures pour visiter les multiples animations et autres stands, qui se multiplient dans le parc du château. Un parc largement ombragé par la présence d’arbres remarquables, qui valent à eux-seuls le détour. Ici des jeux en bois pour s’exercer ou s’affronter et vérifier notre dextérité, ici un voyage interactif avec Anne De Beaujeu, là un spectacle nous invitant à la résolution d’un vol bien mystérieux, là encore un spectacle équestre ….
Nous avons le temps de visiter et d’assister à chacune de ces activités annexes, et le temps file, nous laissant cependant le temps de nous abreuver et de nous sustenter. L’offre de restauration est limitée mais suffisante et on ne peut, qu’à ce stade, féliciter l’organisation démentielle, que nous imaginons.
Des bénévoles pour mettre en avant le Beaujolais
Si le spectacle constitue un vaste hommage à cette région du Beaujolais, tous les stands, toutes les animations participent à cette ambition de sublimer un terroir, valoriser une histoire et finalement célébrer une spécificité. Les plus de 250 bénévoles, selon l’organisateur, peuvent être ici salués et applaudis pour leur investissement sans faille. Les différents tableaux du spectacle, agrémenté d’un son et lumière époustouflant sur la façade du château, illustrent cet engagement à la perfection. Chacune et chacun est à sa place, les changements de costume sont effectués en un temps record, et l’histoire qu’on nous relate empêche tout ennui.
A l’unisson – combien étions-nous dans les gradins, 1.000, 1.200, 1.500, difficiles de le savoir vraiment -, les spectateurs applaudissent, félicitent, s’émerveillent et le spectacle devient alors interactif. Les cris du public encourageant ou conspuant (lorsqu’il s’agit d’évoquer la puissante rivale bourguignonne) les différentes scènes qui se succèdent. Alors félicitations à ces hommes et à ces femmes, et je comprends aisément leur fierté. Lorsque les gradins se vident, une fois le spectacle terminé, c’est une véritable haie d’honneur de ces bénévoles qui accompagnent les visiteurs que nous sommes vers la sortie.
Le son et lumière, un spectacle à la mode à toutes les sauces ?
Vous l’avez compris, nous avons succombé au charme de cette journée, à l’excellence de ces bénévoles et à la rigueur d’une organisation, qu’il sera, par ailleurs, toujours possible d’améliorer. Une autre réflexion me vint cependant quant à l’organisation de ces sons et lumières. Depuis le succès incontestable et incontesté du Puy du Fou, ces spectacles se multiplient prenant des formes diverses. A Metz, Constellations permet de sublimer une cathédrale Saint-Etienne trop méconnue, à Lapalisse, l’univers médiéval fantastique s’affiche haut en couleurs, à Montreuil-sur-Mer, les bénévoles redonnent vie à l’œuvre de Victor Hugo, … Chaque spectacle se vantant d’être le plus grand, le plus long, le plus ancien, le plus …. A Odenas, nous assistons donc au « plus grand spectacle son et lumière du Beaujolais » ?
Peu importe ces qualificatifs, force est de constater que ces spectacles séduisent et sont plébiscités par les touristes, les citoyens, les habitants. Pourquoi ? A une époque, où le patrimoine historique se meurt dans l’indifférence générale. Nous préférons vivre une expérience – le grand mot à la mode – plutôt que de nous efforcer de comprendre l’histoire et le symbolisme d’un lieu. J’avoue que je suis perplexe. Sans remettre en cause ces spectacles, je regrette que nous – un nous collectif, auquel je m’associe pleinement – ne nous préoccupions pas davantage de préserver des sites moins prestigieux certes mais davantage menacés. Une réflexion qui mériterait – et ce sera bientôt chose faite – d’être approfondie.
En attendant, dites-nous si vous avez assisté à ce spectacle du Beaujolais ? Quel serait ce type de spectacle que vous pourriez nous conseiller dans d’autres régions ? Et plus généralement que pensez-vous de ces sons et lumières ?
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