Même s’ils se destinent à vivre en-dehors du monde, certains ermites ne rechignent pas à prendre la direction d’une abbaye comme Saint Romain.
Saint Romain…Sous cette désignation, pas moins de 13 personnages historiques sont célébrés dans la chrétienté. Mais en France, nous sommes attachés à Saint Romain, dit Romain de Condat ou encore Romain du Jura.
Un religieux poussé vers l’érémitisme dans le Jura
Né avec le Vème siècle (en 390 près de Nantua), Romain rejoint très tôt l’abbaye bénédictine d’Ainay (N° AFMR : 89) à Lyon. La tradition place cette décision après une longue période trouble avec son père. Le futur saint abandonne donc l’héritage au profit de son frère, Lupicin. Il se forme donc à Lyon, se passionnant pour la vie des Pères du désert. Il se résout donc à partir suivre leur trace en devenant ermite, prenant la direction de l’Est, probablement attiré par les sommets des montagnes jurassiennes. C’est à proximité de la rivière de la Bienne, qu’il s’arrête et médite sous un sapin (la légende le dit immense avec des branches très fournies)
Nous sommes donc à proximité de Condat (l’actuelle ville de Saint Claude.). Sa vie austère n’empêche pas pour autant son frère, Saint Lupicin, de le rejoindre. Dès lors, les disciples affluent à Condat, et ils vivent de la prière et du labeur (nous n’en sommes pourtant pas encore à la règle bénédictine, Ora et Labora).
Devenue importante (trop ?), la communauté s’organise, avec l’aménagement de cellules autour de l’église, dédiée à Saint Pierre, Saint Paul et Saint André. L’ermitage se transforme peu à peu en monastère avec sa propre règle de vie. (N° AFMR : 559)
Trois abbayes créées par une fratrie avec Saint Romain du Jura
La communauté continue de se développer, conduisant les Rois Francs à lui accorder des aides. Dans le même temps, cette popularité explique probablement en partie la décision de l’évêque de Besançon, Saint Hilaire d’Arles : faire de Saint Romain un prêtre.
Au cours d’un pèlerinage avec son frère, Saint Romain fonde un nouveau monastère (le premier de la Suisse) : le monastère de Romainmôtier.
La jeune sœur Yole les rejoint alors, appelée à son tour par la vie religieuse. La fratrie décide alors de créer un monastère pour les moniales, en choisissant une structure rocheuse dominant la vallée de la Bienne. Dirigée par Yole, l’abbaye de la Balme aurait compté jusque 105 moniales (Source : Vie des Pères du Jura). Les sources restent discrètes sur cette abbaye de la Balme. On sait cependant, qu’une basilique y fut édifiée et qu’elle servit de lieu d’inhumation aux moniales mais aussi lieu de sépulture de Saint Romain. Cependant, les sources divergent et on ignore si la chapelle actuelle s’est substituée à un ancien édifice de l’abbaye. Certaines sources évoquent une disparition autour du VIème siècle, quand d’autres soulignent l’installation d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Claude à partir du XIIIème siècle.
C’est donc dans cette abbaye, dirigée par la sœur du fondateur, Yole (ou Iola), que l’ermite décède vers 460. Sur les lieux, de nombreux miracles attirent pèlerins et croyants, amenant alors l’abbaye de Condat à récupérer les précieuses reliques.
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