Retrouvez ici les premiers billets de mes chroniques, et laissez-vous surprendre par la reprise d'anciens écrits, qui me parlent toujours.
Eric. 28/09/2026
Mercredi 23 septembre 2026 : La marche vers les rencontres improbables
Comme souvent, c’est en marchant que surgissent les idées, celles que nous avions tant appelées de nos vœux. Infatigable penseur, curieux de tout, je porte un regard particulier – à vrai dire, le jugement de chacune et de chacun se révèle unique et spécifique – sur l’environnement qui m’entoure et plus généralement sur le monde. J’en fais régulièrement écho, que ce soit en évoquant les ESOD ou encore les conséquences délétères de l’ubérisation de notre quotidien.
D’un autre côté, je me débats, depuis plus de 18 ans, pour vivre de ma plume. Évidente en apposant ces deux traits majeurs de ma personnalité côte à côte, l’idée de « Chroniques » - le titre exact pourra attendre une autre marche – s’est imposée, même si j’ignore encore la forme à lui donner. Déjà le projet de relire ces dizaines de carnets noircis au fil des ans se fait jour, pour en tirer quelque matière.
Revenons à nos moutons, et au plaisir que peut représenter la marche, notamment lorsqu’elle est solitaire. A l’opposé, mon arrivée à Lyon en TER hier – vivre de sa plume en 2026 ne se cantonne pas à rester derrière son bureau – m’a confronté à la foule grouillante des touristes, des travailleurs et des étudiants. Chaque rame vomit des centaines de voyageurs, dont je ne vois plus le visage depuis que ce dernier est littéralement scotché à ces écrans de Smartphone. Le contact (humain) en souffre profondément, et plutôt qu’un sourire ou un « Bonjour », je dois me contenter désormais des répliques, bruitages et autres dialogues des dernières séries visionnées sur petit écran.
Je me souviens du temps où le voyage en train promettait des rencontres. Une époque définitivement révolue, à moins que vous ne partagiez la même vidéo que votre voisin de compartiment. Loin de moi l’idée de la nostalgie à tout prix (« C’était mieux avant ! ») mais un simple constat de notre quotidien.
Jeudi 24 septembre : Vive le blanc
Que n’a-t-on pas lu sur la modération de nos convictions ? Désormais, d’innombrables ouvrages nous expliquent que tout ne peut pas être tout noir ou tout blanc ? L’infinie variété de la palette de gris doit servir (en théorie) à modérer nos propos, et en réalité à tempérer nos actions.
Je -inutile de se référer à un « Nous » collectif, puisque ces constats n’engagent que moi – veux m’engager pour lutter contre le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources naturelles. Avançons et commençons par interdire le trafic aérien, la circulation automobile, la fast-fashion, … On (les bien-pensants, les décideurs, …) m’explique alors que les conséquences économiques, sociétales, sociales, …, engendrées par une décision de ce genre, se révéleraient insupportables voire contre-productives. Je vous fais grâce des arguments (souvent exacts mais néanmoins trompeurs).
Jusque-là, je me raisonnais er acceptais cette atténuation des revendications. Seulement, au bout du compte, je prends conscience de vivre dans une époque devenue grisâtre sans aucune perspective. Ce n’était donc pas la voie à suivre, celle du consensus (une utopie), du compromis (conduisant inéluctablement à la compromission), de la raison (dictée désormais par des lignes de code, à qui on a donné le nom d’IA)., …
Une prise de conscience tardive, donc. A 56 ans, je comprends que le monde peut être noir ou blanc, et que le gris et ses nuances ne constituent pas nécessairement un passage obligé. Attention, une telle position implique l’acceptation pleine et entière du conflit ou plutôt de la confrontation dans les mots comme dans les actes.
Un exemple pour illustrer mes propos, un exemple marquant parlant à chacune et à chacun. Il est inacceptable qu’en 2026 en France, des enfants continuent à devoir dormir dans la rue. Rien ne peut atténuer et encore moins justifier cette réalité incontestable. Le postulat est clair et il suffit d’agir. Qu’on ne vienne pas soulever la question des moyens (financiers) ! Lorsque l’on aspire à faire de l’Hexagone une place forte de la Tech européenne, ou à venir en aide à des populations, frappées au cœur par le dérèglement climatique, on trouve les sources de financement nécessaires. Pourquoi en serait-il différemment ici ?
J’entends déjà les vestons gris s’écrier ;
- Certains sont en situation irrégulière. Et alors ? On les met à l’abri dans un premier temps et il sera toujours temps de se pencher sur leur situation par la suite,
- Ils ne sont pas seuls et vivent dans la rue avec leurs parents ? Et alors ? Naturellement, on leur fournit un logement décent, dans lequel toute la famille sera hébergée,
- Des travailleurs peinent à se loger, et on ne les aide pas. Pourquoi ces mineurs et pas les travailleurs ? Et alors ? Commençons par éradiquer l’inacceptable avant de réfléchir à une nouvelle société
- Il n’y a pas assez de logements en France. Et alors ? Construisons-les, et en attendant réquisitionnons hôtels et logements AIRBNB,
- …
Aucune nuance n’est à apporter. J’aspire à un monde à la teinte immaculée, acceptant, pour y parvenir, la survivance temporaire de noirceur terrifiante (conditions de vie des détenus, sort réservé aux « travailleurs pauvres », réchauffement climatique, …). En revanche, je refuse ce monde grisâtre, qui finira par venir à bout de l’essentiel : l’espoir.
Je vous le dis : Vive le blanc.
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