Un petit café pour lire les dernières nouvelles …voilà bien un plaisir, auquel il est de plus en plus difficile de succomber. La presse se meurt …
Eric. 20/08/2026
La presse va mal, le constat est accablant et s’aggrave de jour en jour. On peut déplorer les conséquences pour les journalistes et les salariés des journaux et autres titres de la presse magazine, mais les conséquences ne s’arrêtent pas là.
La lente disparition de la presse en France, une transformation du paysage …
Moins de titres et d’exemplaires à vendre implique nécessairement – cette nécessité est appelée par l’obsession du rendement, caractéristique de notre époque – une réduction drastique du nombre de points de vente. Ainsi, à en croire les chiffres de France Messagerie, la France est passé de 3.200 enseignes de presse, réparties sur l’Hexagone en 2009 à moins de 2.000 en 2025. Vous savez, ces magasins fermés définitivement, dont je vous parlais il n’y a pas si longtemps, et bien des tabac – presse ou encore des maisons de la presse figurent dans cette longue liste de commerces défunts.
Cette transformation du paysage ne s’arrête pas là. Combien sommes-nous désormais à nous arrêter le matin, avant d’aller au travail, au café de quartier pour lire les dernières nouvelles ? Il suffit de regarder le nombre de cafés fermés là-aussi pour comprendre que nous avons choisi. Le survol de l’actualité se fait désormais sur Smartphone dans les transports en commun.
Un changement de nos habitudes, appelé à s’amplifier ?
Ce changement de nos paysages du quotidien mais aussi de nos habitudes de vie résulte d’une difficulté récurrente et de plus en plus importante de la presse à survivre à la numérisation de nos économies. En 2009, la diffusion de la presse papier pouvait s’enorgueillir de la vente de 6.4 milliards d’exemplaires. En 2025, on peine à en écouler 2.6 milliards. Une baisse de près de 60 %, que d’autres facteurs sont venus aggraver.
Je me souviens du temps, où la presse s’achetait au tabac de quartier ou à la maison de la presse de la ville la plus proche. Désormais, vous ne rencontrerez aucune difficulté à trouver le journal local à la boulangerie, ni votre titre préféré au supermarché du coin. L’exclusivité ne représente plus une tendance forte. Cela pousse nécessairement les professionnels concernés à se diversifier pour compenser cette perte de revenus. 60 % de moins, ce n’est pas rien alors papeterie, alimentation, réception et envoi de colis, … ne représentent plus des « à-côtés » mais de véritables impératifs.
Comment un commerçant peut faire face à la dématérialisation galopante ? Comment un kiosquier ou un buraliste peut rivaliser en proposant ses journaux et revues, que le lecteur retrouvera en ligne moyennant un abonnement à prix imbattable (des offres de lancement à 1 ou 2 € sont régulièrement proposés) ?
De la dématérialisation à la disparition, un pas que nous nous apprêtons à franchir ?
Je suis de nature optimiste, mais franchement il m’apparait difficile de se réjouir d’un avenir serein pour la presse aujourd’hui. D’autant que face à l’augmentation des prix de ces revues principalement et accessoirement des journaux quotidiens s’oppose la baisse de pouvoir d’achat des Français, une baisse amplifiée par les conflits au Moyen-Orient, le blocage du détroit d’Ormuz, …
Cette presse rivalise d’efforts pour « survivre » quitte à aggraver la situation. Ainsi, la presse magazine n’a perdu que 33 % de ses ventes entre 2016 et 2025 (de 1.36 milliards d’exemplaires contre 899 millions). Comment ? En offrant des « goodies » à prix cassés avec les derniers numéros.
Même le journal Le Monde succombe à la tentation d’un abonnement couplé avec un compte d’une célèbre plateforme de streaming. Avouez, qu’il sera difficile après de se rendre chez son buraliste préféré pour lui acheter un exemplaire (3.80 € en semaine et 5.70 € pour l’édition du week-end).
Les raisons d’espérer un avenir meilleur ne sont donc pas nombreuses à moins d’un sursaut citoyen. Mais sommes-nous prêts à abandonner nos Smartphones pour soutenir la presse et nos commerçants ?
Vous en pensez quoi ? Quelle est votre position et avez-vous des idées pour inverser la tendance ?
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